Culture course à pied.

Depuis que je cours, forcément, une partie de mes lectures a commencé à dériver vers la pratique de ce sport, sous toutes ses formes. Je me trouve parfois un peu flippante et extrême. Entre les lectures liées à la course, les livres de fantasy et de science fiction et mes livres et codes de droit, ma bibliothèque pourrait en effrayer quelques uns. Par ailleurs, le code général des impôts comme mes nombreux magazines de running font d’excellents cales portes. Et me servent même lors de mes séances de PPG quand il s’agit d’enchaîner des exercices de saut sur plateforme basse. Très stable le code civil. Bonne adhérence au sol.

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Bref, aujourd’hui, depuis ma province bordelaise, je vous propose une sélection des livres de running que j’ai lus; tant des romans (qui ressemblent plus à des essais sur la CAP pour certains) que des manuels sur la pratique.

1. Nutrition de l’endurance, de Fabrice Kuhn et Hugues Daniel. L’hyper utile pour les autistes de l’alimentation du sportif.

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Je ne suis pas une pro de la nutrition et de la diététique du sportif, et certains qui s’y connaissent mieux trouveront certainement à redire sur certains points de ce livre, mais pour ma part, ce livre m’est très utile. Je le feuillette plutôt occasionnellement, quand je me pose une question sur un point précis: l’alimentation post-entraînement; l’apport en lipides; le fonctionnement des glucides; l’intérêt des micronutriments etc…

Une première partie traite des bases de l’alimentation: calories, glucides, lipides, index glycémiques, vitamines, minéraux… La nutrition est ensuite traitée, dans son aspect performance, récupération. A la fin du livre, on trouve une partie dédiée à des recettes, pas très utile pour ma part qui suis en général très inspirée. 

Les points que j’ai appréciés sont les explications de l’utilité (ou non) des différentes formes de lipides, le pointage de l’indice glycémique, les comparatifs de certains produits de l’effort (boissons notamment) et un rappel sous forme de tableau des fruits et légumes de saison, par mois.

Surtout, le livre est très bien fichu; clair et bien organisé. C’est le genre du manuel qui peut se feuilleter avant achat pour s’assurer qu’on apprécie sa structure, indispensable pour la compréhension de ce type de produit (comme les livres de droit en somme, on aime certaines éditions et moins d’autres). 

2. Autoportrait de l’auteur en coureur de fond; de Haruki Murakami. Le flippant poétique.

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Résumé: De la course à l’écriture, il n’y a qu’une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s’atsreindre à une discipline d’écrivain, l’auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie. 

Murakami est un auteur japonais très productif, qui écrit d’habitude sur autre chose que le sport. Dans ce livre, il aborde sa pratique, en tant que coureur de longues distances et triathlons, comment et quand il s’y est mis, et surtout, il partage ses sentiments, dans un style très fluide et soutenu, ce qui rend la lecture très agréable sans être trop légère. Il rapproche très souvent la course de son travail d’écrivain, aux USA comme au Japon, ce qui donne une autre dimension, plus personnelle, à l’histoire. 

3. 42km195; de Bernard Thomasson. L’émouvant épuisant.

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Résumé: Courir est mon plaisir. Une échappée belle à portée de jambes. Courir est un besoin. Une bulle qui suspend la vie. Courir offre une liberté insolente. Une ligne de fuite. Mais courir peut rendre prisonnier. Moi, courir m’a sauvé ». Pendant 42km195, le héros emmène le lecteur sur le parcours mythique du marathon de Paris, kilomètre après kilomètre. Ce roman est aussi un voyage historique depuis la bataille de Marathon, un tour du monde de 42 courses parmi les plus réputées de la planète, une promenade philosophique dans la tête d’un sportif, et une aventure humaine faite des élans, des doutes, des joies et des douleurs d’un coureur pas comme les autres. 

Bernard Thomasson est un journaliste de France Info; et ce détail a toute son importance dans ce roman qui nous promène sur les 42km du marathon de Paris qu’il a couru il y a quelques temps. Au fil des kilomètres, il nous apprend de nombreuses choses sur la course à pied, des anecdotes sur cette pratique, des informations qu’on ignore. Très documenté (et toutes les références sont citées en fin d’ouvrage), le roman est aussi émouvant puisqu’il suit comme ligne directrice le parcours d’un coureur au parcours étonnant (qui sera le dénouement de l’histoire): Benedict Maverick, que l’auteur semble admirer particulièrement.  

4. Born to run, de Mc Dougall. L’incontournable de tout candidat à la nationalité kenyane (ou mexicaine, en fait).

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L’aventure que l’auteur nous raconte est celle qu’il a vécue, à la recherche du « secret » d’endurance des Tarahumaras, coureurs mexicains, qui vivent dans le bush et passent leur vie à crapahuter gaiement dans un univers sec et aride. Ses rencontres, du fameux Cavallero Blanco, un uluberlu blanc qui passe ses journées à courir dans cet univers désertique. Un livre à la fois étrange et passionnant, et complètement authentique; qui nous dépeint avec humilité la simplicité de cet état d’esprit énigmatique qui n’est pas le nôtre mais qui fait de ces hommes des coureurs hors normes. 

Extrait
«Vivre avec les esprits requiert la solitude»
Anne Michaels, Fugitive Pieces

Voilà des jours que je sillonnais la Sierra Madré mexicaine à la recherche d’un fantôme surnommé Caballo blanco, le Cheval blanc. Après avoir remonté sa piste, je me retrouvais finalement où je m’y attendais le moins. Pas dans les étendues sauvages qu’il était supposé hanter, mais dans le hall obscur d’un vieil hôtel, aux abords d’un patelin poussiéreux du désert.
– Si, El Caballo esta. Oui, le Cavalier est là, dit la réceptionniste, hochant la tête.
– Vous en êtes sûre ?
Après l’avoir manqué si souvent dans des lieux aussi étranges, je commençais à penser que Caballo blanco n’était rien d’autre qu’une légende, la version locale du monstre du Loch Ness imaginée pour faire peur aux enfants et piéger les gringos crédules.
– Il rentre toujours à 5 heures, poursuivit la réceptionniste. C’est comme un rituel.
Entre soulagement et triomphe, j’hésitais à la prendre dans mes bras ou à lui taper dans la main. Je jetai un oeil à ma montre. Cela signifiait que le fantôme serait enfin sous mes yeux dans…
– Eh, mais il est 6 heures passées ! ! !
– Il est peut-être déjà reparti, risqua la réceptionniste avec un haussement d’épaule.
Je m’écroulai sur un canapé antique. Crasseux, affamé et vaincu, j’étais à bout de forces et mes projets ne valaient pas mieux.
Certains disaient que Caballo était recherché, d’autres que c’était un ancien boxeur en fuite qui expiait la mort d’un adversaire tué de ses poings. Personne ne connaissait ni son nom, ni son âge ni ses origines. Il était comme ces héros du Far West dont les seules traces sont les légendes et le nuage de fumée d’un cigarillo.
Descriptions et témoignages étaient à des lieues les uns des autres. Des villageois séparés par des distances incroyables juraient l’avoir vu le même jour se déplaçant à pied et leurs descriptions allaient de drôle et simpático à bizarre et gigantesque. Toutes les versions de la légende de Caballo blanco avaient toutefois des points communs : il était arrivé au Mexique il y a plusieurs années et s’était enfoncé profondément dans les impénétrables et sauvages Barrancas del Cobre- les Copper Canyons ou Canyons du Cuivre – pour vivre parmi les Tarahumaras, une tribu quasi mythique de superathlètes tout droit sortis de l’âge de pierre. Ces Tarahumaras semblaient être les gens les plus sains et plus sereins de la Terre, mais aussi les plus grands coureurs de tous les temps.
Sur de très grandes distances, personne ne peut battre un Tarahumara, pas même un cheval, ni un guépard ou un marathonien de niveau olympique. Rares sont ceux qui ont pu les voir en action, mais des histoires fabuleuses sur leur résistance surhumaine et de leur sérénité se répandaient depuis des siècles hors des canyons. Un explorateur a autrefois juré avoir vu un Tarahumara attraper un cerf à mains nues après l’avoir pourchassé jusqu’à ce que l’animal tombe d’épuisement, «ses pattes refusant de lui obéir». Un autre aventurier assure avoir mis 10 heures à gravir un sommet des Copper Canyons à dos de mulet, alors que 90 minutes suffisent à un coureur tarahumara.

Revue de presse
Born to Run, un vrai docu-roman, se lit d’une traite. McDougall a l’art de mêler au récit épique de la fameuse course qui a réuni en 2006 les Tarahumaras et les meilleurs coureurs nord-américains de multiples digressions, ludiques et instructives : portraits pittoresques et attachants de coureurs et de chercheurs, expériences scientifiques et ethnologiques… McDougall démontre les bienfaits biomécaniques de la course naturelle, pieds nus, mais réveille surtout l’envie de courir à perdre haleine. (Eliane Patriarca – Libération du 4 octobre 2012)

5. Run or die, de Kilian Jornet. Pour les fans de Kilian et les hallucinés de performances en trail.

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Egalement un incontournable pour ceux qui s’intéressent au running, trail ou non. Ce catalan reste un coureur mutant, appelé l’ultra-terrestre. Dans ce premier tome, assez court, qui se lit donc vite, il raconte sa jeunesse à la montagne, mais nous transporte surtout au fil de ses pensées sur ses courses et ses aventures de skyrunner. Ni roman, ni journal de bord, ce livre illustre son état d’esprit. L’écriture n’est pas exceptionnelle, mais ici c’est le fond qui compte: les pensées d’un grand coureur, ses douleurs, ses doutes. Ouais, même les meilleurs en bavent. Mais plus près du ciel que nous. 

6. Mythes et réalités sur la course à pied. Le must des idées reçues en CAP.

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Un livre bien chouette qui tord des idées reçues sur la course à pied: des questions de santé (santé du coeur, des genoux etc…), questions-débats (minimalisme et barefooting), entraînements (efficacité des fractionnés..), alimentation, équipement… Chaque question est traitée assez rapidement mais en détail. 

7. Courir léger. Light feet running, de S. SEHEL. Pour les techniciens en mal de perfection.

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Récemment acquis, je suis en plein débroussaillage de ce livre, qui se veut un « manuel » pour travailler sa foulée vers une pose « medio-pied ». L’auteur analyse la foulée du dit « coureur-marcheur » et la compare avec celle du coureur médio-pied, puis revient sur les six points-clefs de cette foulée. Il propose ensuite les étapes à aborder chronologiquement pour commencer à appréhender cette façon de courir, la ressentir au début, puis la développer avec les étapes techniques ultérieures. Grossièrement, les six points importants sont: la posture bien droite, l’implication active du haut du corps, la poulaine caractéristique, le fléchissement des genoux, la pose du pied sur « l’avant » et la fréquence soutenue de la foulée. Point important, qui vaut pour tous les coureurs, l’amélioration de la foulée, de la posture générale, du dynamisme et  de l’économie de course tient aussi beaucoup au renforcement musculaire, abdominal et des membres postérieurs principalement. L’auteur propose quelques exercices ciblés mais aussi la pratique des « gammes », ces exercices de course type montées de genoux etc…

J’en retiens qu’au final, même chez ceux qui ne talonnent pas, cette foulée est rarement pratiquée en tous ses points par les coureurs. 

L’auteur a également un site web, où il est intéressant de retrouver des vidéos d’analyse de course, entre autres. 

8. Le guide du running, de Paula Radcliffe.

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Mes collègues de Hewlett-Packard, qui couraient aussi, m’ont offert ce livre lors de mon départ. Il a été mon premier vrai livre orienté sur le running; quand je commençais tout juste à courir sérieusement. Il m’a donc été très utile; mais je pense qu’il peut aussi convenir à des coureurs plus expérimentés, notamment parce qu’il a été écrit par Paula Radcliffe, athlète, marathonienne et détentrice du record du monde féminin de marathon avec un joli 2h15’25 ». Elle parle d’équipement, distingue les différents types de foulées (supinateur, pronateur…), conseille sur le choix de certains accessoires. La nutrition est également abordée, mais surtout la préparation mentale et la fixation d’objectifs, l’entrainement, les étirements et le rôle de musculation. Elle propose également des plans d’entraînements types. 

Des conseils de bon sens, bienvenus quand prodigués par une athlète qui a couru toute sa vie. 

Bonnes lectures d’été à tous.

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Une réponse à “Culture course à pied.

  1. Je n’ai encore acheté aucun livre de running mais je note tes idées ! J’avais déjà entendu parler du libre « born to run » mais les autres non.

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