Semi de Bordeaux: vivement 2016!

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Avant de consacrer un article entier à l’organisation de cette première édition en elle-même, qui mérite qu’on mette un certain nombre de choses au point, je vous fais un compte-rendu de l’aspect purement sportif et performance de ma participation.

La course ne s’annonçait pas facile sur tous les plans.

La météo était apocalyptique, entre 18h et 22h. Une pluie ininterrompue, qui a laissé au départ du marathon à 20h des marées de 20cm d’eau dans les sas de départ ; et a achevé le matériel électronique de Top Chrono pour le départ du semi 1h30 plus tard, qui a amputé la grande majorité d’un temps réel (mais ceci est une autre histoire, car nous l’ignorions à ce moment-là ; et heureusement). Mais, merci le sud, il faisait finalement plutôt chaud ; et une fois la pluie stoppée peu après le coup d’envoi du semi à 21h30, la température était idéale.

La longue journée d’attente pré-course, complètement inédite pour tout le monde, a un peu été un calvaire de patience. A dormir, manger, attendre, faire la sieste, attendre, trépigner, préparer 100 fois ses affaires en se demandant quoi porter avec ce temps désastreux, et attendre, encore.

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A l’échauffement au départ dans mon SAS D (moins de 3h30…les pancartes affichaient toujours les temps du marathon), je réalise avec dégoût que j’ai finalement encore les tibias douloureux quand je cours, malgré le repos forcé des 2 derniers jours et les glaçages et massages à l’arnica. Tout à coup, sous la pluie, dans mon sac poubelle vert détrempé ultra glamour et un poncho transparent sur la tête (du rêve je vous dis !), à 1 minute du départ, je ne suis plus très sûre de moi. C’est donc ma tête qui va diriger aujourd’hui, et les jambes, elles n’auront pas d’autre choix que de suivre. Je suis préparée, hors de question de passer à côté de ma course à cause de la météo ou de mes tibias. On est warrior ou on ne l’est pas. Je pense à ces pauvres marathoniens déjà trempés jusqu’aux os dans les vignobles pessacais, à affronter la boue et maudire leur addiction du running, et je me réjouis un peu de leur malheur. Finalement, pour nous, la torture sera plus brève.

Le départ est lancé par une salve de petits feux d’artifice au-dessus de l’arche de départ. Ça brille et c’est beau. C’est girly, c’est ouahh. 3 minutes plus tard, mon sas s’élance. Personne ne meurt vraiment d’envie d’y aller. Pour une fois, ça ne bouscule pas du tout, et on se fait presque des politesses pour enjamber la vilaine ligne de départ qui ne nous a même pas captés.

Je connais le parcours par cœur, et je me place systématiquement du côté de la corde avant chaque virage. C’est l’avantage de courir chez soi. On connaît le moindre faux plat, les passages plus délicats du tramway et ses dalles traîtres, les rues pavées et les dos d’âne. Comme prévu, les 5 premiers kilomètres sont plats, et les montées sur les 2 ponts sont à peine fatigantes. Mais j’ai déjà mal aux tibias, chaud et le brassard Europe 1 glisse de mon bras trop petit ; mais mes Saucony chéries assurent bien sur le sol détrempé. Je suis néanmoins dans mon allure objectif, à 4’45/kilo. J’essaie de m’y tenir, tout en restant inquiète d’être partie aussi vite, de peur de finir cramée avant la fin. Pourquoi je m’inquiète autant ? Parce que j’en suis certaine, le jour où je ne m’inquiéterai plus, mon corps me filera une grosse claque, juste pour m’apprendre à avoir trop la confiance. Genre un mur bien sale au KM17 ou, pire, une coupée de jambes au KM32 sur mon premier marathon.

Finalement, vers le KM6, mes jambes se tairont. Elles ne sont pas très légères, mais j’ai retrouvé ma foulée dans mes Saucony et les tibias ne disent plus rien (après les Sayonara, je suspecte mes nouvelles Adidas de reprendre le flambeau de la périostite tibiale, ces garces…).

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L’ambiance est folle, le public est au rendez-vous et super actif. Tous ces encouragements sont presque oppressants, surtout après le Pont de Pierre. On ne voit plus rien tant il y a de monde sur les côtés. Digne d’un tour de France…et je n’exagère rien. Les ravitaillements sont très bien, les gobelets recyclables très pratiques, mais peut-être un peu trop remplis ; je ne les finirai jamais.

Je ne remarque même pas l’arrivée des marathoniens (NB : notez que les marathoniens se sont beaucoup plaint de l’arrivée des semi sur leur parcours…tandis que les semi se sont plaint de la ruée des marathoniens sur leur parcours. Question de point de vue) car au KM7, je suis déjà à 4’41/kilo, ce qui est bien plus rapide que mon objectif. Bon, vu que ma montre a été mauvaise ce jour-là en me donnant 21,700km à l’arrivée, je ne peux finalement pas vous dire quelle a été ma vitesse exacte, mais seulement une fourchette. Un footpod serait peut-être nécessaire….

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Tout passe très vite. J’enchaîne les petites difficultés du parcours sans problème. Je ne suis pas dans ma zone de confort, mais je sens que je peux tenir comme ça jusqu’au bout.

Je le répète, mais à mon allure, le parcours est fluide. On est nombreux sans être aussi serrés qu’au MDP, mais surtout on avance tous au même rythme. Donc l’affluence de la course, de mon point de vue, c’est un mythe.

Avant le Jardin Public, ça devient plus monotone, comme prévu. L’arrivée au Jardin annonce le dernier tiers de la course, et la relance pour ceux qui le peuvent encore. Le Jardin est très sombre, légèrement boueux et m’a paru interminable alors que nous n’y sommes pas restés longtemps. A sa sortie, deux lignes droites avant l’effort final après le KM18. J’oscille entre 4’40 et 4’42. Je ne m’emballe pas, car mon objectif est de 4’45, ce qui me laisse encore une belle marge si j’ai un coup dur…qui ne viendra pas. Le mur, ce n’est décidément pas encore pour moi sur semi.

Une descente sur les quais indique la remontée qui va suivre sur le grand théâtre et son dernier ravitaillement. Je prends un peu de gel, mais ça en devient écœurant en fin de parcours. Il m’a néanmoins bien aidée, car à ce stade de la course, ce sont mes quadriceps qui ont moins fait les malins. La dernière montée du cours de l’Intendance n’est pas si terrible finalement ; car après, on relance ! Ça descend bien, je repars et trombe en 4’39 à ma montre, le truc improbable.

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A partir du 19ème, on ne pense plus qu’à la ligne d’arrivée. Après la place Pey-Berland, dernière petite montée puis belle descente où on passe sous l’arche de la belle Porte Cailhau. Ce passage sublime juste avant le dernier virage et l’arrivée est juste un ravissement. Mais comme tout beau spectacle, ça se paie cher. Les pavés sont de retour, et il vaut mieux éviter de se rétamer avant la fin. Le passage est étroit, les dépassements risqués (j’ai tenté, j’ai vaincu J). Et enfin, cette ligne d’arrivée ! La belle arche carrée au bout du tapis bleu. Le public est en délire. Encore plus quand on double les autres. Après avoir marqué le Lap lors des 21,100 de ma montre en 1h38’20, j’arrête le chrono à l’arrivée, aux 21,700 de ma montre, en 1h40’40 ; pile poil en 4’45 (au final, je considère être entre ces deux drôles de chronos, d’autant que Top Chrono ne peut rien me confirmer, avec son seul temps officiel en 1h42’37, qui reste tout de même inférieur à mon RP à Paris).

Le contrat est rempli. Il se remet donc à pleuvoir, naturellement. Nous ne sommes pas encore très nombreux, donc ça ne se bouscule pas au ravitaillement. Pour moi qui mange peu juste après la course, il est largement suffisant : compote, fruits secs, eau, eau sucrée aux fruits, cake aux fruits et fruits secs salés. Que demande le peuple ? La médaille est toute jolie, et je ne regrette pas de m’être inscrite à cette course, ni de m’être forcé la main alors que je ne la sentais pas du tout au départ.

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On vous dit que la course nocturne ça n’apporte rien ? Honnêtement, courir de nuit, c’est le pied : malgré l’éclairage, les sens sont en éveil, le corps et la tête sont plus calmes et sereins, on est moins dérangé par des éléments extérieurs (soleil, lumière, décor éloigné…) et la concentration est bien présente. Je l’ai vraiment vécu comme une belle (mais difficile) promenade nocturne, comme dans un rêve. Bien entendu, il vaut tout de même mieux avoir l’habitude de courir et s’entraîner en soirée pour savoir courir à bonne allure sans avoir à se soucier du terrain peu éclairé. Ça paraît bête, mais ne pas guetter le sol en plissant des yeux et en faisant confiance à ses jambes et ses appuis, c’est tout un art ; encore plus pour les marathoniens qui ont connu des zones plus sombres et la boue des vignobles.

Les défauts d’organisation, pour ma part sur le semi, je ne les ai pas sentis. Vraiment. Je ne remets pas en cause la claire existence de gros problèmes d’organisation, qui a gâché la soirée de beaucoup (soyons clairs) et qui aurait dû mener les organisateurs à réfléchir à deux fois avant de prévoir 18000 dossards qui n’ont pas pu être reçus correctement, et je pense surtout aux marathoniens; mais de mon côté, ça a été une course « comme les autres » en matière d’organisation, car j’ai eu la chance de profiter de la « tête de course » qui a été très fluide et n’a pas été pénalisée par les ravitaillements faibles et la foule des coureurs. Je pense notamment aux coureurs en relais, dont un récit est fait par Chloé du Happy Running Crew sur son blog, qui fait un peu froid dans le dos.

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J’en rêve encore, car la course de nuit, c’était magique. J’ai découvert Bordeaux sous un nouveau jour et redécouvert l’enthousiasme à toute épreuve des bordelais, qui auraient été bien moins présents un dimanche matin, c’est certain.

Donc en 2016, comme la course est prévue le 23 avril, soit 20 jours après le marathon de Paris (merci les orgas d’avoir décalé volontairement), je compte me réaligner sur le semi, sans hésitation ; et faire du marathon de Paris ma première sur la distance (finalement, pour des questions logistiques et budget, je ne ferai pas La Rochelle en novembre 2015).

Pour ma part, le contrat est rempli, et la deuxième édition ne pourra qu’être meilleure !

 

Au temps officiel (1h42’37):

24/1303 en SENIOR FEMMES

555/7268 au GENERAL

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12 réponses à “Semi de Bordeaux: vivement 2016!

  1. Que dire à part félicitation pour ton chrono ! Pour ma part la seule course de nuit que j’ai faite est la Noctambule à Courbevoie. Je compte bien rempiler cette année, le seule défaut, c »était les routes très étroites et le balisage du trajet qui était parfois aléatoire. Comme c’était leur première je reste très optimiste pour l’année prochaine !

    • Merci merci! 🙂
      J’ai moi aussi participé à la Noctambule, et j’avais adoré (même si j’avais été anémiée, ce qui m’avait rendu la course difficile). L’ambiance était sympa, mais je ne trouvais pas les rues particulièrement étroites ou mal balisées (décidément, je ne suis vraiment pas chiante 😉 ).

  2. Ah moi aussi le brassard Europe 1 faisait que de tomber à cause du bras trop petit. Jamais j’aurai cru dire ça un jour. J’ai fini par l’enlever.
    Et ça me fait penser à ma course de 12 km à Aigues-Morte où mes tibias m’ont fait souffrir pendant 6 kilomètre puis ont décidé de me laisser tranquille ensuite ! Parait que si la douleur part au bout d’un moment c’est pas une périostite. Moi c’était une contracture du muscle qui longe le tibia. Tu as peut-être ça toi aussi.
    C’est bizarre ma montre indique 21,3 km et celle d’olivia aussi je crois !
    J’ai l’impression de revivre ma course en te lisant car je me suis faite les même réflexions : beaucoup de public à la sortie du pont de Pierre, le jardin public interminable.
    Un énorme bravo pour ta performance !!! Je suis impressionnée forcément avec mon 2h26 !
    J’adore courir de nuit ! Je pense faire la Corrida de Toulouse qui se fait de nuit en juillet.

    • Merci, j’ai passé une super soirée, et toi aussi apparemment, c’est l’essentiel!
      Pour les tibias, c’est vrai que je me doutais que ce n’était pas une périostite, car d’habitude je ne l’ai que sur une jambe et plus sur le côté intérieur de la jambe. Alors que là les deux jambes ont la même petite douleur et c’est mieux réparti. Je vais surveiller pour voir si ça dure, et sinon j’irai voir le podologue. Effectivement c’est peut-être des contractures de fatigue!
      Bref, la course était tip top, et l’année prochaine ce sera encore mieux quand ils auront corrigé les défauts d’organisation 🙂

  3. Très joli temps, et la course avait vraiment l’air chouette ! je pense que pour 2016, il y aura encore plus de monde !!

    • Merci, je suis ravie d’avoir encore pu battre mon record (d’autant qu’un jour ou l’autre, ça s’arrêtera!). Oui la course était superbe, de nuit c’est un régal.

  4. Jolie course, Joli temps, Jolie place également…
    Ca sonne bien pour la suite de la saison tout ca!! 🙂

  5. Joli Chrono et beau Compte Rendu qui me donne envie de faire le voyage jusqu’à Bordeaux l’année prochaine !

    Bravo !

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